Nîmes : une étape importante de ma saison
La saison hivernale touche bientôt à sa fin, et c’est de la plus belle des manières que je me suis illustrée dans l’emblématique Parnasse de Nîmes.
Il s’agit d’une étape de Coupe du monde bien connue des archers français, puisqu’elle réunit les plus grands champions internationaux. Le temps d’un week-end, c’est l’occasion de rencontrer, et pourquoi pas même de se mesurer, aux meilleurs.
C’était pour moi un retour à la compétition après plusieurs mois loin de la scène internationale. Un moment que j’ai attendu patiemment, non sans une certaine hâte, je dois l’avouer.
Depuis le mois de septembre, j’ai entamé un très gros travail technique. Changement de posture, de mouvement, de puissance, et j’en passe… le tout avec un seul objectif : gagner en souplesse et en relâchement. Mes journées ont donc été rythmées par un énorme volume de flèches, tirées pour la grande majorité à seulement 5 mètres. C’est la partie de la saison que l’on n’imagine pas toujours, la partie immergée de l’iceberg.
Pendant de longs mois, je travaille pour automatiser au maximum une nouvelle façon de tirer et être au top de ma forme pour la saison extérieure. C’est également durant cette période hivernale que j’ai entamé un suivi psychologique avec une nouvelle thérapeute : Emilie.
Nous nous étions rencontrées aux Jeux Olympiques de Paris. Dès nos premiers échanges, j’en étais certaine : je devais travailler avec elle. C’est en septembre 2025 que nous avons officiellement commencé notre collaboration.
Nous avons alors choisi cette manche du circuit indoor comme point d’étape. Une manière d’évaluer les stratégies mentales mises en place et de les ajuster si nécessaire afin d’être prêtes pour la saison outdoor.
Mais le mieux dans tout ça : Emilie était présente lors des qualifications et des matchs. D’abord pour mieux comprendre les enjeux de la discipline, mais aussi pour me voir en situation réelle. Une séance de psy comme je n’en avais jamais vécue jusqu’à présent : sur le terrain.
C’est donc dans cet état d’esprit que j’ai entamé ma compétition. J’étais sereine et surtout curieuse de voir l’avancée de mon travail.
Vendredi : Jour des Qualifications
Une étape importante, et assez déterminante pour la suite du week-end. L’objectif était de réaliser le minima nécessaire pour une sélection aux Championnats d’Europe en salle, fixé à 581 points sur 600 possibles.
Après trois heures intenses de concentration, je signe un très joli 587, ce qui me hisse à la 3ᵉ place du classement provisoire. Un rapide échange avec Emilie à l’issue des qualifications nous permet d’ajuster la stratégie pour le lendemain, en vue des matchs.
Samedi : Jour des matchs
Je me sens sereine, prête, et une nouvelle fois curieuse de voir jusqu’où je peux aller. J’entame mes matchs avec de très belles performances : je remporte mon seizième de finale, puis mon huitième contre une Néerlandaise que j’avais battue lors des précédents Championnats d’Europe, en finale pour la médaille de bronze.
Je me sens bien, confiante, et impatiente d’aller plus loin.
En quart de finale, je rencontre une Allemande que je connais bien. Je remporte le match 7-3, ce qui m’ouvre les portes des demi-finales face à Angela Ruiz, une Mexicaine.
Un match très disputé, mais avec un niveau légèrement en dessous du reste du week-end : je m’incline 4-6. Je tirerai donc pour le bronze le dimanche.
Une nouvelle fois, nous échangeons avec Emilie. Beaucoup d’éléments très intéressants ressortent, notamment des comportements que je recherchais : être actrice et déterminée.
Il faudra cependant mettre l’accent, le lendemain, sur ma gestion des émotions. Être déterminée, oui, mais avec davantage de calme.
Dimanche : Petite finale
Nous y voilà. Le grand jour. Une finale en arène, devant un public français. La dernière fois que j’ai vécu cela, c’était à Paris 2024.
Je suis prête et impatiente de commencer.
Je suis opposée à une Tchèque, une amie : Marie. Je sais qu’elle possède un très haut niveau et un joli palmarès. Elle a notamment été sacrée championne du monde individuelle en 2023. Mais aujourd’hui, comme au début de chaque compétition, les cartes sont rebattues.
Nous entamons le match sur les chapeaux de roues : 30 partout. S’ensuivent des volées de très haut niveau, où tirer un 9 devient fatal.
Nous nous renvoyons la balle sans relâche. Dans ces moments-là, je dois rester dans ma bulle et attendre la moindre erreur de mon adversaire. Rester simple dans ma démarche, ni plus, ni moins.
Au final, c’est moi qui ai le dernier mot. Je remporte la médaille de bronze 6-4, devant un public en fusion. Le bonheur.
L’objectif des prochaines semaines est de renforcer le travail entrepris. Et je terminerai ces quelques lignes ainsi : je suis sélectionnée pour les Championnats d’Europe indoor.
Départ le dimanche 16 février.
