Championnats d'Europe en salle : un mixte d'argent

Publié le 25 février 2026
par Lisa Barbelin

Championnats d’Europe en salle – Plovdiv

Dernière répétition avant la saison estivale

Après l’étape de Coupe du monde de Nîmes, je m’étais qualifiée pour les Championnats d’Europe en salle. C’était pour moi l’occasion de finaliser ma préparation, autant sur le plan technique que sur le plan mental. Départ alors le dimanche 15 février, direction la Bulgarie pour une semaine de compétition avec une toute nouvelle équipe de France.

Une équipe nouvelle, un nouvel encadrement : exactement ce dont j’avais besoin. Je veux être autonome dans ce que je fais, et quoi de mieux pour développer cette compétence que de partir « seule » ?

Sans oublier la petite particularité de ce championnat : l’intégration du mixte (ce qui est assez inhabituel pour un Championnat d’Europe en salle). L’équipe mixte était déjà constituée : je tirerais avec Alexandre Desemery. Nous nous étions rencontrés lors de la Coupe du monde de Nîmes quelques semaines auparavant. Il venait de terminer 4ᵉ de la compétition, je sentais donc que nous avions une carte à jouer tous les deux. Il me tardait de commencer !

Ce nouveau collectif m’a fait le plus grand bien : une vraie bouffée d’oxygène, loin des personnes qui partagent mes journées à l’INSEP. J’avais besoin de changer de cadre, de changer de conversations et de découvrir de nouvelles personnalités. Finalement, de sortir de ce quotidien qui commençait à devenir un peu trop lourd pour moi.

Entrée en matière sur les chapeaux de roues !

Mardi 17 février, nous débutions avec les qualifications. Je me suis sentie confiante malgré le stress bien présent. Cela s’est d’ailleurs ressenti dès le début de ma première série : je me suis laissé manger par mes émotions et par l’enjeu. Il était alors nécessaire de rebondir pour la suite des qualifications. On souffle, on se focus et on fonce sans réserve ! S’en sont suivies des volées à 30 points avec une facilité déconcertante et un sourire collé sur mon visage. Le kiffe total !

La seconde série a, quant à elle, été mémorable dans la mise en place de ma stratégie. Tant et si bien que je me suis retrouvée à 179/180 points possibles à la 6ᵉ volée. Cela m’était déjà arrivé plusieurs fois à l’entraînement, mais jamais en compétition. Mon cœur s’est emballé et, l’espace d’un instant, je n’étais plus dans le moment présent. Alors, une nouvelle fois, je souffle un coup et je repositionne mon esprit uniquement sur ma stratégie. Je termine alors ma série d’une très jolie manière avec 297 points sur 300 possibles. Une première pour moi sur une compétition de référence.

J’étais aux anges, déjà par ma performance, mais aussi parce que la stratégie mentale que nous avions élaborée avec ma préparatrice mentale s’aiguisait de plus en plus. J’étais fière de moi !

Des matchs individuels pas si faciles

Le jour suivant se sont déroulés les matchs individuels. Mon état d’esprit était bien différent de la veille : un peu plus anxieuse, un peu plus à la merci du contexte et de l’environnement, pas assez focalisée sur moi. Cela s’est fait sentir dès mon premier tour, avec des flèches qui manquaient de précision et de confiance. J’étais trop focalisée sur le fait de gagner mon match, ou plutôt de ne pas le perdre. Une erreur que j’avais déjà faite de nombreuses fois par le passé…

"Pour pouvoir gagner, il faut accepter de perdre."

À la suite de matchs plutôt accrochés, mais clairement pas à mon niveau habituel, je dois m’incliner en quart de finale. Une déception qui me laisse un goût amer, je dois l’avouer. Mais j’ai décidé de ne pas m’apitoyer sur mon sort et d’analyser les erreurs que j’ai commises pour revenir à mon meilleur niveau le lendemain : pour les matchs en mixte.

Compétition par équipe : une approche différente qui remet les pendules à l'heure

Jeudi 19 février, début de l'épreuve mixte. L’ambition était claire : aller chercher le podium. Lors de l’entraînement, je sentais une énergie, un mood comme dit Alex.

Nous entrons dans la compétition contre l’équipe de Géorgie. Le stress était une nouvelle fois de la partie : des mouvements moins sûrs, moins confiants. Mais aucun souci, notre travail était de rester sur le processus, quoi qu’il arrive.

Le premier match tombe en notre faveur ; nous rencontrons alors la Roumanie en demi-finale. Nous entamons avec une jolie volée à 39 points sur 40, mais nos adversaires signent un parfait 40. 0-2, il faut aller chercher le set suivant !

S’ensuit alors un match très disputé où le 9 est fatal. Nous alternons entre 40 et 39 points, tout comme nos adversaires. Tant et si bien que nous nous retrouvons en barrage. Alex tire en premier et fait un joli 10, le Roumain en face également. Nous sommes à égalité. La Roumaine tire sa flèche elle aussi : un 9, pas très loin du 10. Il n’y a pas d’autre solution : pour gagner, il faut le 10.

Je tire ma flèche avec une confiance folle, je sais que je vais y arriver. Et ça ne loupe pas : un 10 ! On exulte, on nage en plein bonheur. Nous tirerons pour l’or le lendemain.

Le jour d’une finale est forcément un peu différent des autres journées de compétition. Un peu plus d’appréhension : « Serons-nous au niveau ? Pouvons-nous gagner ce match ? » Beaucoup de questions affluent.

Mais nous sommes prêts, nous avons toutes les cartes en main. Il nous suffit maintenant de donner le meilleur de nous-mêmes.

Jour de finale, comment gérer l'approche ?

Nous commençons l’entraînement tranquillement, quelques heures avant le début du match. Je suis très sereine et confiante. Alex, quant à lui, est plus anxieux. Le stress le ronge, mais il me le fait savoir et nous pouvons en discuter ensemble. Je peux lui donner quelques conseils pour gérer ses émotions. Peu à peu, tout se met en place.

Nous tirons par équipe et enchaînons les scores parfaits. Dans la chambre d’appel, juste avant d’entrer dans l’arène, l’ambiance est à la rigolade. On profite simplement de ce moment.

Puis vient le moment d’entrer en scène.

Nous entamons le match à l’image de notre demi-finale : un beau 39. Encore une fois, nos adversaires prennent l’avantage avec une volée parfaite. Nous sommes menés 0-2. L’histoire recommence sur le set suivant : nous sommes maintenant à 0-4.

Il va falloir aller chercher le barrage si nous voulons espérer avoir une chance. C’est ce que nous faisons avec brio : 40 points sur les sets 3 et 4 ! Nous sommes désormais à égalité avec nos adversaires. Le moment du tir de barrage est arrivé.

Alex commence avec un joli 10. L’Israélien en face fait aussi un 10 (plus près du centre). À mon tour à présent : je tire ma flèche et elle arrive dans le 9, pas très loin du 10. L’Israélienne, quant à elle, réalise le 10 final.

19 à 20, nous avons perdu.

Nous montons alors sur la deuxième marche du podium de ces Championnats d’Europe. Nous sommes déçus, c’est vrai, mais nous savons aussi que nous avons donné notre maximum. Nous ne gagnons pas aujourd’hui, mais nous sommes immensément fiers de nous.

C’était pour moi une expérience folle de tirer avec Alexandre. Il a su être présent au moment où il le fallait. J’avais une confiance absolue en lui, en nous, en cette équipe de France. J’ai adoré et savouré chaque seconde.

Cela m’a permis de reprendre confiance en moi en mixte, car depuis l’année 2024, je me mets une pression énorme dans cette discipline. La peur de ne jamais être à la hauteur et de faire perdre l’équipe. Mais grâce à Alex, à sa douceur et à sa bienveillance, j’ai cassé cette barrière que je m’étais imposée.

Merci à toi, cher coéquipier.

Si cette préparation d'une finale en mixte vous intéresse, rendez-vous sur ma page Instagram pour voir mon dernier reel avec les images avant la finale.